Pour une vraie politique de gestion du loup en Limousin

L’annonce de la présence d’un couple de loups en Limousin, puis l’arrivée inévitable de louveteaux, ranime les ardeurs haineuses de certains syndicats agricoles. Ce sont pourtant les mêmes (FDSEA en tête) qui ont refusé d’écouter leurs collègues des Alpes quand il y a quelques mois ceux-ci sont venus leur parler de leur expérience face au retour du prédateur.
La seule action revendiquée est de tirer sur les loups pour protéger éleveurs et troupeaux.
Comme toutes les idées simplistes, celle-ci ne résout rien : quand un loup est tué, il est tôt ou tard remplacé par un autre. On peut tuer le nouvel arrivant, devinez ce qui se passera… Le loup est là, comme depuis 30 ans dans les Alpes, il faut apprendre à vivre et travailler en sa présence. Faire croire le contraire aux éleveurs c’est se moquer d’eux.
Il existe des méthodes de protection permettant de maintenir sur nos territoires des élevages ovins et bovins de qualité en prairie, et de soutenir les revenus des éleveurs. Cela passe par une large diffusion de l’information concernant les mœurs et habitudes des loups, par les retours d’expérience d’Italie ou d’Espagne. Par des mesures de protection (clôtures, chiens) et d’alertes. Tout ceci est évidemment plus complexe à mettre en place et demande du temps et des moyens, valorisant la présence de bergers là où elle est nécessaire.
Nos paysages sont largement le résultat d’un élevage séculaire, et constituent le pays que nous aimons et dans lequel nous travaillons.
Un plan global d’accompagnement des éleveurs (avec un réel soutien financier) pour la mise en place des mesures de protection, d’effarouchement et d’information doit être mis en place à l’échelle des trois départements.
Et ce ne sont pas les gesticulations d’un député parachuté qui ne connaît que le rejet de l’autre qui aideront les éleveurs et paysans à mettre en place les actions nécessaires à la protection de leur travail.
Les Ecologistes Limousin