Chasse à l’homme raciste dans la Creuse : la négrophobie n’a pas sa place dans la République

Dans la nuit du 15 au 16 août 2025, à Royère‑de‑Vassivière dans la Creuse, alors qu’il participait à une fête de village, un groupe d’amis dont un jeune homme noir a été victime d’une agression d’une violence inouïe, indigne de notre République. Ce n’est pas un fait divers : c’est une attaque raciste organisée, une chasse à l’homme encouragée par la haine.
Cette réalité n’éclot pas dans le vide. Elle prospère dans un climat de racisme systémique, aujourd’hui banalisé, entretenu et légitimé par certains responsables politiques. Quand Bruno Retailleau s’autorise à pointer du doigt des pans entiers de la population, quand l’extrême droite distille jour après jour le poison de la suspicion et de la haine, c’est ce terreau qui nourrit ces passages à l’acte. Le « racisme d’atmosphère », c’est exactement cela : une ambiance délétère qui transforme la différence en menace, l’altérité en cible.
Selon les témoignages, les agresseurs ont crié : « il est où ce nègre, on va le buter ». Des mots ignobles, suivis d’une véritable traque, orchestrée par plusieurs individus, dont certains en position de responsabilité publique, élus, ou membres d’association.
Qu’une personne noire coure pour échapper à l’ire et à la haine d’un groupe de personnes blanches voulant attenter à sa vie, est une réminiscence directe et abjecte des chasses aux esclaves pendant la période de la traite négrière. Qu’en 2025, une personne noire doive encore s’enfuir pour sa survie, sa sécurité et sa liberté parce que pourchassée à cause de sa couleur de peau, est la démonstration que la lutte contre le racisme structurel est l’affaire de tous les instants et qu’il suffit d’un rien pour retomber dans les pires réflexes du passé.
Le racisme tue. Le racisme terrorise. Le racisme divise. Et chaque silence, chaque complaisance, chaque mot politique qui alimente la haine ou qui la banalise en est complice.
Les Écologistes l’affirment : nous ne laisserons pas la République se transformer en terrain de chasse pour l’extrême droite.
Notre pays vaut mieux que la peur et la haine.
Le racisme n’est pas une opinion. C’est un poison.
Le racisme n’est pas un dérapage. C’est un système.
Aminata Niakaté et Eric Piolle, Porte-paroles Les Écologistes
Le Bureau de la Commission Antiracisme des Écologistes